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Anthologies : texte de chansons,théatre, cinéma,et... Essais personnels,textes personnels.

Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand. Acte V, scène 6

Publié le 5 Décembre 2012 par Mathyas-Vladislav Treborievitch Treblaievitch Tnavel-Regrov

Pour ce premier post de dialogue de théatre...

Un p'tit clin d'oeuil à mon Père, Trebor Treblaievitch Tnavel-Regrov , l' amoureux platonique éternel des mots (et des femmes) qui forment de belles phrases, qui, de là ou il se trouve, saura apprécier ce choix...

La dernière scène d'une des plus belles pièces en langue française... J'en posterai d'autres ,c'est sûr, à l'avenir. Cependant, je choisis la dernière en premier, parce que je la trouve bouleversante, et sincère, à l'image de Cyrano... et j'encourage chacun à se précipiter vers la lecture de cette Oeuvre, avec un grand O, si elle lui est inconnue.Vous me remercierez après...

CYRANO, [est secoué d'un grand frisson et se lève brusquement.]

Pas là ! non ! pas dans ce fauteuil !

[On veut s'élancer vers lui.]

Ne me soutenez pas ! Personne !

[Il va s'adosser à l'arbre.]

Rien que l'arbre !

[Silence.]

Elle vient. Je me sens déjà botté de marbre,

Ganté de plomb !

[Il se raidit.]

Oh ! mais !... puisqu'elle est en chemin,

Je l'attendrai debout,

[Il tire l'épée.]

et l'épée à la main !

LE BRET

Cyrano !

ROXANE, [défaillante]

Cyrano !

[Tous reculent épouvantés.]

CYRANO

Je crois qu'elle regarde...

Qu'elle ose regarder mon nez, cette Camarde !

[ Il lève son épée.]

Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais !

Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !

Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !

Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là !- Vous êtes mille ?

Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !

Le Mensonge ?

[Il frappe de son épée le vide.]

Tiens, tiens ! -Ha ! ha ! les Compromis,

Les Préjugés, les Lâchetés !...

[Il frappe.]

Que je pactise ?

Jamais, jamais ! -Ah ! te voilà, toi, la Sottise !

Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;

N'importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !

[Il fait des moulinets immenses et s'arrête haletant.]

Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose !

Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose

Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,

Mon salut balaiera largement le seuil bleu,

Quelque chose que sans un pli, sans une tache,

J'emporte malgré vous,

[Il s'élance l'épée haute.]

et c'est...

[L'épée s'échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.]

ROXANE, [se penchant sur lui et lui baisant le front]

C'est ?...

CYRANO, [rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant]

Mon panache.

RIDEAU

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